Les relations entre les Comores et la France au sujet de la départementalisation de Mayotte sont toujours très tendues. Dans une interview accordée au journal Al-Watan, le Président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi exhorte les comoriens à régler ce différent avec la France de manière civilisé et responsable.
Mercredi 12 novembre, jour de célébration de l’Unité Comorienne, environ 1 500 comoriens s’étaient réunis sur la place de l’Indépendance à Moroni pour manifester contre la volonté de la France à vouloir faire de Mayotte un département français. On pouvait lire sur les nombreuses banderoles de protestation des slogans comme « non à la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte », « La France complice des crimes de Mohamed Bacar » ou encore « la France doit plier bagages ». L’ambassade de France à Moroni, afin d’éviter tout débordement, avait fermé exceptionnellement ses portes ce jour-là.
Dans une interview accordée au journal El-Watan, le Président Sambi réitère sa volonté s’opposer politiquement à cette départementalisation. Mais il nuance fortement certains propos qu’avait tenus notamment son député Ibrahim Mohamed Sidi qui avait dit « le projet d’organiser un référendum dans l’île comorienne de Mayotte constitue en soi une déclaration de guerre ». Pour Sambi, la France « reste un partenaire privilégié, en dépit de ce différend. Nous sommes pas contre le développement de Mayotte, mais nous avons un conflit avec la France que nous entendons régler parla voie du dialogue. [je préconise] des moyens pacifiques, des négociations comme cela se doit entre Nations civilisées. Il faut montrer au monde notre maturité de peuple civilisé. Aucun citoyen français ne doit être maltraité ou brutalisé. »
Le Président Sambi met donc une bonne dose d’eau dans son vin, avec ce dialogue modéré qui va à l’encontre des déclarations du député Ibrahim Mohamed Sidi. Le Président Sambi cherche clairement à garder une relation diplomatique saine avec la France, et on peut le comprendre, étant donné que cette dernière à alloué 165 000 de crédit pour des projets infrastructurelles. On peut se demander d’ailleurs si la France n’a pas souhaité officieusement que le Président Sambi modère ainsi les propos tenu par son député. Reste à savoir si ce dialogue pacifique va être entendu et accepter à la fois par le reste des politiciens comoriens, ainsi que du peuple.




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