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Comores : Les dechets menagers : de l'engrais ou une bombe à retardement

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Ces types de déchet posent problème même dans les pays développés dotés de procédures de traitement et des systèmes de rejet adéquats. Devons-nous continuer la même démarche pour les rejets des déchets qu’à l’époque reculée? La réponse est sans équivoque, NON.

Les déchets ménagers : de l’engrais ou une bombe à retardement?

 

Contrairement à l’époque de Mbaé Trambwé, les Comores importent aujourd’hui beaucoup de produits de l’étranger. Les déchets industriels qui ne sont pas produits sur place y parviennent malheureusement. Parmi ces déchets présents en milieu naturel, nombreux sont peu biodégradables ou ils ont de temps de dégradation trop long ; entre 40 et 100 ans en moyenne. Ces types de déchet posent problème même dans les pays développés dotés de procédures de traitement et des systèmes de rejet adéquats. Devons-nous continuer la même démarche pour les rejets des déchets qu’à l’époque reculée ? La réponse est sans équivoque, NON.

 

L’utilisation des sachets, des plastiques de tout ordre, de boîtes de conserve aux métaux divers, du fer, du verre, de l’acier, des emballages de produits alimentaires ou des polystyrènes stabilisant les appareils, est devenue quotidien. Et probablement, nous oublions que le milieu naturel constitué du sol, de l’atmosphère et de la mer, est un héritage que nous devons faire bon usage et le conserver ensuite aux générations futures.

Les eaux usées urbaines, ou pluviales charrient et drainent les déchets solides dont beaucoup sont des plastiques, des bouteilles, ou des produits toxiques, tous peu biodégradables. Ces déchets arrivent en mer et se répandent au gré des courants et des vents. Ils constituent une réelle menace pour la faune et la flore marine.

Maintenant c’est beaucoup plus anodin, tout le monde sait que les récifs coralliens ou aussi les herbiers présents en mer constituent entre autre, des cachettes aux petits poissons. Ainsi ces juvéniles peuvent devenir des poissons adultes pour être pêché et constituer notre assiette. Le plus simple à saisir, est que le sachet jeté par exemple, une fois fixé sur un fragment de corail, celui-ci meurt. Par conséquent, le petit poisson qui pourrait se cacher derrière, sera tout simplement prédaté par son supérieur. Et si l’on continue à mettre des déchets qui tuent la faune et la flore marine, à long terme, nous aurons un nombre limité en ressources exploitées. Une fois ces stocks seront épuisés nous aurons du mal à les renouveler. De cette façon s’impose l’urgence de protéger notre environnement.

Le cas extrême, est la situation qui aurait prévalu dans la capitale Moroni. Les déchets ménagers seraient collectés et déposés dans une décharge à ciel ouvert à Sélea dans le Bambao. On ignorait la portion biodégradable, et bien sûr la toxicité de ces déchets. Les animaux sauvages et domestiques viendraient s’alimenter et déposeraient ensuite leurs fientes un peu partout. Avons-nous une idée de l’impact que cela pourrait générer sur la santé publique?

A leur actuel, les déchets ménagers de la capitale seraient tout simplement brulés à côté de l’hôtel "Le Moroni". Là encore, le problème a pris une autre ampleur. Car les éléments cancérigènes, ou asphyxiants présents dans ces brûlures peuvent être désormais dans l’atmosphère. Ces particules fines peuvent être dans l’air que nous respirons. Elles peuvent également être déposées au niveau du sol par les eaux de pluie et pourquoi pas dans le sang des habitants riverains. L’espace, bien qu’on ne voie pas de limite physique, peut se remplir de particules fines pouvant être dangereux.

Du reste, tous les éléments sur le sol des Comores parviendront un jour, en mer par le biais des eaux de drainage. Joan-Domenec ROS, spécialiste de l'environnement à l'université de Barcelone, déclarait que : "tout ce que nous utilisons sur la terre ferme finit dans la mer, et que la solution ne se trouve pas à la fin du processus (c'est-à-dire en mer) mais au début". Il est donc nécessaire de prendre conscience de cette situation. La mer n’est pas infinie ou du moins si l’on croit qu’elle l’est, notons que ce que l’on rejette à son milieu côtier restera aux alentours vu les phénomènes de marnage. Cela va de soi, s’il y a des conséquences elles toucheront en premier le milieu concerné.

A Mwali et à Ndzouani, les déchets ménagers seraient jetés en général dans des oueds par temps sec, ou même dans les rivières. Pendant la saison des pluies tous ces déchets parviendraient en mer.

Dans les villes côtières de Ngazidja comme Moroni, des anciens réseaux urbains qui débouchent directement en mer, ramènent dans celle-ci les eaux usées des foyers. Cela est d’autant plus terrible surtout avec les machines à laver qui jettent des eaux usées en dehors du commun. C’était la même situation en Europe à moins d’un siècle. Mais après une bonne avancée des études océanographiques, ils se sont rectifiés. Ils ont changé progressivement leur système de rejet. Et aujourd’hui beaucoup de ces pays sont dotés des stations d’épuration. Peut être que nous sommes encore loin d’arriver là mais la moindre des choses c’est d’être sensibilisé du vrai danger. Et bannir l’ancien dicton qui se répète encore aux Comores : "le comorien ne meurt pas d’un microbe". Le choléra est bien causé par une bactérie (microbe), et combien en sont mort ?

Certains pourraient être extrémistes en disant que nos parents ont ainsi vécu jusqu’à nos jours et rien ne s’est passé mais réellement si. Est-ce que justement on s’est déjà posé la question sur la venue du choléra de 1974? Et les épisodes de choléra parvenues aux années 2000s avec comme épicentre les plages ? Aujourd’hui on sait que les vibrions sont des bactéries normales sans danger dans le milieu marin. Mais les excréments d’animaux et les déchets humains, qui parviennent en mer par des moyens divers, acheminent beaucoup de virus. Ces derniers, vont infecter les vibrions et dans certaines conditions les Vibrio cholerae (source du choléra) se développent. S’appuyant sur cette thèse qui est loin d’être vulgaire, on peut résumer que parmi les causes du choléra c’est l’intoxication du milieu marin par les apports terrigènes non contrôlés. Il manque juste l’étude pour appuyer cette thèse.

En corollaire, c’est tout les milieux environnementaux de l’archipel qui sont exposés à un danger imminent. C’est le moment de prendre conscience des déchets que nous produisons tous les jours et chercher la solution durable, équitable à nos moyens et responsable pour l’avenir. Certaines universités dans l’océan indien (Majunga par exemple) proposent des formations diplomantes en sciences de traitement de déchets, adaptées aux moyens de la région. Autorités compétentes au ministère de l’environnement, associations agissant dans le même but et citoyen convaincu, il est temps de faire le point. Sinon on risque de faire hériter aux générations futures un environnement complètement invivable. Ou aussi de transformer ces îles initialement beauté et paradis de la nature en calamité environnementale infernale.

 

Ibrahim MOHAMED-TOIHIR

Centre d’Océanologie de Marseille

 

Auteur : charifa
Catégorie : Environnement
Publié le 23 janvier 2009 à 07:46:08
Article lu 1756 fois

Note: 4.3/10 (12 votes)


COMMENTAIRES L'auteur Rédacteur Invité

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Par TXTIFURWFvj   Le 20-12-2011 à 19:49 Signaler un abus

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Par jjnMPAHcVDV   Le 20-12-2011 à 14:19 Signaler un abus

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Par NhKZbnBpoNoxP   Le 18-12-2011 à 12:44 Signaler un abus

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Par SsKVdNjD   Le 17-12-2011 à 21:54 Signaler un abus

ulanga wa comori
Des projets de gestion de déchets par des décharges publiques comme le cas de Moroni ça demandent une étude préalable d\'impact sur l\'environnement pour situer le contexte géologique, hydro,écolo et même foncier et autres... sinon le compostage serait moins cher et économique pour limiter un peu les déchets. l\'assainissement des eau usée et pluvial est aussi à prendre en considération car non seulement ça pollue le sol mais les nappes phréatique mais comment? ça demande des moyens. le travail des communes et de la diaspora est tres important pour tous ces projets. l\'évacuation aussi demande de savoir la délimitation des bassins versant. avant de parler des stations d\'épuration, on doit penser d\'abord à évacuer ces eaux hors des habitations. je suis étudiant en master spécialisé génie environnement au Maroc. là je voulais porter une idée sur ces projets. mais je suis près aussi à travailler ensemble et à partager aussi les idées sur ces problèmes qui touchent les Comores.

Par fahar   Le 26-09-2010 à 08:17 Signaler un abus

ulanga wa comori
Des projets de gestion de déchets par des décharges publiques comme le cas de Moroni ça demandent une étude préalable d\'impact sur l\'environnement pour situer le contexte géologique, hydro,écolo et même foncier et autres... sinon le compostage serait moins cher et économique pour limiter un peu les déchets. l\'assainissement des eau usée et pluvial est aussi à prendre en considération car non seulement ça pollue le sol mais les nappes phréatique mais comment? ça demande des moyens. le travail des communes et de la diaspora est tres important pour tous ces projets. l\'évacuation aussi demande de savoir la délimitation des bassins versant. avant de parler des stations d\'épuration, on doit penser d\'abord à évacuer ces eaux hors des habitations. je suis étudiant en master spécialisé génie environnement au Maroc. là je voulais porter une idée sur ces projets. mais je suis près aussi à travailler ensemble et à partager aussi les idées sur ces problèmes qui touchent les Comores.

Par Antoy Assoumani   Le 26-09-2010 à 08:10 Signaler un abus

comme de conscience
remarque! pertinente mais ce ne sont pas seulement les déchets ménager un pays qui ne connait pas un plan d'aménagement, pas de servir qui s'occupe de tire foncier, construction anarchique tel l'origine de ce problème, pas de voirie, pas de règle régissant à punir les importateurs manque de techniciens, je l'ose car c'est mon domaine. je étudiant comorien mohelien en DEA en GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET ENVIRONNEMENT

Par HAMIDI RABI   Le 17-02-2009 à 19:21 Signaler un abus

Les dechets ménagers
Je vous remercie de cette remarque, car cela montre que vous suivez depuis longtemps l'évolution de la question. Je pense qu'il faut déjà commencer par convaincre nos décideurs sur la question. Il ne suffit pas de faire seulement des conférences car les comoriens savent à peu près le problème mais c'est plutôt de monter des associations ou des ONGs qui vont lutter pour la le traitement des déchets ménagers. Ces associations vont être les interlocuteurs de la population comorienne face à l'état, je suis presque optimiste que le dialogue passera à ce niveau. Je ne sais pas s'il y a déjà eu ce genre d'association mais leurs activités m'aurait intéressées. Si les responsables ont jeté notre requête pour des acteurs locaux, je suis sûr qu'ils auront honte quand il s'agira des partenaires étrangers par exemple qu'on peut travailler ensemble quand ils leur demanderont la même chose. Mais avant tout cela, il faut nous assurer qu'il y a la compétence locale de faire les procédures de traitement à nos moyens jusqu'au bout. C'est pour ça j'insiste sur la formation des techniques de traitement. Les moyens de traitements sont sans doute plus cher (coté équipement), mais les formations sont disponibles même dans la région. Après, si on a des gens compétents dans le domaine ce sera pratique de monter des projet et demander des financements pour faire ça. Je sais que certains enveloppes sont ouvertes jusqu'à la date d'échéance sans avoir vu soumettre un seul projet. Donc une fois on a les ressources humaine, agissant en association on peut demander ces fonds d'aides par le biais des projets concret et bien argumenté et soutenu. Ils sont là pour ça, mais ce n'est pas à eux de nous motiver à monter des projets pour leur soumettre. Ainsi cela créera forcement de l'emploi, c'est pour ça je trouve dommage que notre état ferme les yeux devant ce problème. Pour des gens qui sont en maîtrise la formation peut durer un an sur Madagascar par exemple. Il y a entre autres des procédures pour des biogaz avec la part biodégradable des déchets, certaines procédures de recyclage, et la fabrication d'engrais verts pour l'agriculture. Donc comme vous l'avez montré, à nous de nous mobiliser, on peut le faire sans le gouvernement, il nous rejoindra après s'ils voudront. Et je pense aussi que la question est bien au centre du débat à l'université de l'océan indien, on aura forcement avoir leur support technique mais il faut qu'il y ait une structure qui s'en charge.

Par Ibrahim MOHAMED-TOIHIR   Le 25-01-2009 à 17:14 Signaler un abus

Déchets
Vous avez fait un bon constat qui est d'ailleurs fait depuis un moment par des nationaux et des internationaux.Des propositions seront les bienvenues pour résoudre ce problème qui tient à coeur tous les comoriens tout en sachant qu'il y en a déjà eu mais la volonté de résoudre ce fléau fait défaut à nos respopnsables.Nous qui y croyons devons nous mobiliser pour trouver la solution adéquant à ce fléau

Par ALI Fatouma   Le 22-01-2009 à 11:11 Signaler un abus
   

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