« Nous n'avons rien appris de plus. Nous ne savons toujours pas ce qui s'est passé ni quand nous pourrons récupérer les corps. Comment voulez-vous que nous fassions notre deuil ? » Comme cette jeune femme qui a perdu son frère aîné, les familles des victimes du crash de l'Airbus de la Yemenia, qui s'est abîmé en mer le 30 juin dernier, au large de la capitale des Comores, ne cachaient pas leur chagrin et leur déception, hier, à la sortie de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Elles avaient été conviées à une réunion d'information par Christine Robichon, l'ambassadrice chargée des relations avec les proches des victimes.
Ce premier point réalisé à Marseille où vivent bon nombre de familles endeuillées doit être suivi par une seconde réunion à Paris. « Soixante et une personnes avaient embarqué à Marignane », a rappelé l'ambassadrice.
Un mois après l'accident, les familles, sollicitées pour pouvoir pratiquer des tests génétiques et établir l'identité des victimes, ont l'impression que « le dossier n'avance pas et que l'on nous cache des choses ». Christine Robichon qui était accompagnée de plusieurs experts, dont l'un s'est rendu en Tanzanie, a admis qu'il était « difficile » de ne pas pouvoir apporter des réponses aux questions que se posent les familles, notamment sur l'identification des 25 corps repêchés. « Mais il est de notre devoir de leur dire la vérité. Aucun corps n'a été identifié. Les travaux sont en cours.»
Elle a assuré qu'il y avait « une bonne coopération entre la France, la Tanzanie et le Yémen » et que même si les corps récupérés avaient été déposés sur les côtes de Tanzanie ou avaient été retrouvés à proximité “les procédures qui sont de règle sont les mêmes. Il y a un acteur en plus, mais cela ne rajoute pas de délai supplémentaire".
Christine Robichon a par ailleurs confirmé qu'un bateau de la Marine "équipé d'un sous-marin va se rendre sur les lieux pour récupérer les boîtes noires" qui se trouvent à 1200 mètres de profondeur. L'opération devrait avoir lieu “ vers le 15 août”. L'Airbus A 310 de la Yemenia qui avait décollé de Sanaa au Yémen et devait atterrir à Moroni, capitale des Comores s'était abîmé en mer le 30 juin dernier, avec à son bord 153 passagers et membres d'équipage. Seule une adolescente franco-comorienne de 14 ans, Bahia Bakari a survécu au crash.
Dominique Arnoult




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